Quand l’aménagement simple des terroirs sert à préserver les écosystèmes locaux dans les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL)

Quand l’aménagement simple des terroirs sert à préserver les écosystèmes locaux dans les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL)

DR Congo - 08 aot, 2022

Face aux enjeux climatiques planétaires, les forêts, en tant que puits de carbone, sont devenues une solution pour réguler le climat. Leur gestion durable s’impose comme un devoir collectif incontournable. Les forêts remplissent de multiples fonctions pour la planète : écologiques, sociales, culturelles et économiques. Elles rendent d’énormes services écosystémiques à l’humanité (services d’approvisionnement, de régulation, de support et culturels).

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Et pourtant, ces forêts sont aujourd’hui plus que jamais menacées par les activités anthropiques. Comment s’assurer que les forêts demeurent debout et rendent des services à l’homme qui l’exploite pour ses besoins ? Plusieurs stratégies sont conçues et mises en œuvre pour en garantir une gestion durable. Parmi elles, il y a lieu de relever la foresterie communautaire basée sur une hypothèse simple : les communautés locales dépendent des forêts pour leurs moyens d’existence, elles sont plus soucieuses de la gestion durable. Mieux que quiconque, elles connaissent l’intérêt des forêts et elles les ont toujours bien gérées jusqu’à présent. Or, l’Etat a montré ses limites dans la gestion durable des forêts. Dès lors, il importe de responsabiliser les communautés locales dans la gestion forestière pour en tirer durablement le maximum des services écosystémiques. La RDC s’est engagée dans ce processus depuis 2014 et, à ce jour, dispose de 114 forêts communautaires attribuées et plusieurs initiatives en cours. La foresterie communautaire est pensée en RDC comme à la fois un outil de développement communautaire et un moyen de gestion durable des forêts.

Dans la province de la Tshopo, trois communautés (Barumbi-Tshopo, Bapondi et Bafwamogo), accompagnées par Tropenbos RD Congo dans le cadre des programmes Green Livelihoods Alliance et Working Landscapes financés par le gouvernement néerlandais, disposent déjà de leurs titres de CFCL. Dix autres demandes de CFCL sont sur la table de l’autorité provinciale en attente de signature. Dans le cadre de deux programmes financés par l’Union Européenne et le gouvernement belge à travers la DGD, les ONG Join for Water, Bos plus, Tropenbos International et Tropenbos RD Congo accompagnent les 3 communautés ayant déjà leurs titres dans la mise en valeur de leurs CFCL et trois autres (Bafwabula, Bafwadodi, Bafwabula) dans l’acquisition des titres.
L’agriculture itinérante sur brûlis et l’exploitation artisanale du bois, toutes deux autorisées et pratiquées dans les CFCL, sont des moteurs de déforestation et dégradation forestière. Dès lors, il faut rationaliser les utilisations des forêts et des espaces. L’aménagement du territoire apparaît comme une réponse adaptée pour concilier les différentes utilisations spatiales et garantir la pérennité des servies écosystémiques. C’est ainsi que les communautés locales, avec l’appui de leurs accompagnateurs, se sont lancées dans le processus d’élaboration et/ou d’actualisation de des Plans Simples de Gestion (PSG) de leurs CFCL. À terme, cette planification spatiale vise à garantir la durabilité des services écosystémiques et des moyens d’existence. Les services de régulation (séquestration du carbone, régulation du climat, régulation du cycle et de la qualité de l’eau, etc.) seront garantis, autant que les services culturels et de support, principalement dans les zones de conservation. Les services d’approvisionnement (collecte des produits forestiers ligneux et non ligneux, etc.) seront pourvus fondamentalement dans les zones de développement rural et de transition.

À travers la cartographie participative des utilisations actuelles, les inventaires et la définition de la vision du terroir de la CFCL, des zones dégradées seront identifiées et des activités de restauration alignées dans les options d’aménagement pour accroître la résilience socio-écologique des écosystèmes forestiers et hydriques et réduire conséquemment la vulnérabilité des communautés qui en dépendent.
Les PSG, excellents outils de planification spatiale et de gestion pour les CFCL, pourraient faire bénéficier durablement aux communautés membres des CFCL des services écosystémiques divers à condition qu’ils soient correctement mis en œuvre avec l’appui tant de l’État que d’autres partenaires de développement.

Esquisse de la vision du terroir