Le PIREDD-O s’installe dans la Tshopo, les paysans sont vent debout pour transplanter les cacaoyers dans les champs individuels

Le PIREDD-O s’installe dans la Tshopo, les paysans sont vent debout pour transplanter les cacaoyers dans les champs individuels

DR Congo - 20 juillet, 2021

Le programmeintégré REDD+ oriental (PIREDD-O) est un projet du gouvernement congolais entièrement financé par les fonds CAFI (Central African Forest Initiative) à travers le FONAREDD (Fonds National REDD+). Il est mis en œuvre par le Programme des nations Unies pour le Développement (PNUD) dans trois provinces issues de l’ancienne Province Orientale : Bas-Uélé, Ituri et Tshopo. Dans la Tshopo, il est exécuté par un consortium de six ONG dont Tropenbos RDCongo est le lead.

Il vise la stabilisation de la déforestation et de la dégradation des forêts tout en contribuant à l’amélioration des revenus des communautés dépendantes de ces forêts. Pour ce faire, plusieurs interventions sont menées dans différents volets allant de la création/redynamisation des structures de gouvernance à l’élaboration du plan simple d’aménagement du terroir en passant par l’appui à une agriculture durable.
En ce qui concerne le développement d’une agriculture durable, deux types d’actions se réalisent :d’une part, l’appui des communautés en semences de base des cultures vivrières pour accroitre la productivité agricole et, d’autre part, l’initiation des communautés locales aux cultures pérennes pour améliorer leurs revenus et valoriser les espaces dégradés en les sédentarisant.

S’agissant des cultures pérennes,les trois spéculations distribuées dans le cadre de ce projet sont : le palmier à huile, le caféier et le cacaoyer. De toutes ces trois, la dernière apparaît comme une innovation dans l’agriculture paysanne du milieu car les communautés ne savaient pas au départ les usages possibles des produits de cacao ni ses potentiels débouchés.

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Grâce à la sensibilisation que mène le partenaire local d’exécution (PLE), Tropenbos RD Congo et son consortium à travers les assistants de terrain affectés dans divers terroirs, les bénéficiaires adoptent progressivement le cacaoyer et la demande des plantules augmente. L’excellent comportement des cacaoyers en pépinière a fini par convaincre même les plus sceptiques. D’où la mobilisation tous azimuts des bénéficiaires à transplanterles cacaoyers dans les champs. Ils ont initié plusieurs stratégies pour faciliter l’emblavage de leurs champs avec le cacaoyer.

Ainsi, certains se sont regroupés dans des tontines pour non seulement faciliter le transport des plantules de la pépinière jusqu’au champ mais aussi accélérer la mise en place définitive de ces plantules. C’est le cas principalement dans le terroir de Badibu, secteur de Bakumu-Kilinga et de Boliambobi, secteur de Bakumu-Mandombe. D’autres, à Kilinga toujours, ont payé des ouvriers pour accélérer les activités de la transplantation de cacaoyer en les combinant avec celles des cultures vivrières. D’autres enfin, à Obiatuku, ont formé des tontines pour préparer les jachères à recevoir les plantules des cacaoyers.

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Cette prise de conscience est tellement effective que les bénéficiaires font feu de tout bois pour transporter les plantules des pépinières dans les champs individuels, qui sur la tête ou au dos, qui dans une brouette, qui à vélo ou à moto sur des distances comprises entre 1 et 6 kilomètres. Au final, au moins 40 hectares des champs ensemencés de cacaoyers enmoins d’un mois.

Cette mobilisation témoigne, s’il en était encore besoin de l’appropriation des activités du projet notamment celles en rapport avec l’agriculture pérenne, laquelle pourrait contribuer à l’amélioration des revenus des communautés locales tout en stabilisant la déforestation et la dégradation forestière.